Pourquoi dit-on passive ?

J’ai souvent entendu des réflexions négatives sur la dénomination du concept de la maison passive. Notre civilisation est plus dans l’action que dans la contemplation, dans la gestion plus que dans l’attente… donc un terme aussi inerte que le mot passif prend une connotation extrêmement négative, sans que le locuteur ni l’auditeur ne s’en rendent compte. Probablement, les inventeurs n’ont pas saisi cette charge affective liée au contexte actuel.  Leur réflexion les poussait dans un autre sens :

 Le nom « bâtiment passif » s’explique par le fait que pour l’essentiel, l’utilisation « passive » de la chaleur issue du rayonnement solaire par les fenêtres ou émise par les appareils et les habitants est suffisante pour maintenir des températures intérieures agréables au sein de l’habitation pendant la période de chauffage.

 Ce qui est actif, ici, c’est le fait d’apporter de la chaleur au bâtiment, au lieu de se contenter de la recevoir. Ajouter, en remettre, et à quel prix ? Alors qu’il est si simple de se situer dans le sens du bon sens, limiter au plus l’empreinte écologique de l’habitation.

Une maison qui reçoit passivement de son environnement  la satisfaction de ses besoins de chaleur est un exemple à reproduire, d’intégration du comportement des habitants à une niche écologique totalement adaptée.

 Les bâtiments passifs orientés vers le sud sont également des bâtiments solaires.

L’utilisation passive du rayonnement solaire par des fenêtres conçues tout spécialement pour garantir un éclairage suffisant permet de couvrir environ 40% des pertes de la chaleur.

Non seulement  économe en apport d’énergie, mais aussi totalement dans le sens de la démarche bioclimatique,  

Il est recommandé d’orienter vers le sud les principales surfaces exposées et d’éviter les zones ombragées.

Quoi de plus naturel ? Nos anciens savaient cela, tous les lieux ne sont pas bons pour construire, toutes les situations ne se prêtent pas à être habitées. Même le pionnier qui a construit la petite maison dans la prairie avait pensé à ça.

 Les bâtiments passifs sont caractérisés par une isolation thermique particulièrement performante, l’absence de ponts thermiques et une étanchéité à l’air très élevée. Il est alors possible de se passer de système de chauffage sans aucune perte de confort.

 Voilà, la boucle est bouclée : isolation particulièrement soignée (proportionnellement au climat local), absence quasi totale de ponts thermiques et étanchéité à l’air sont les caractéristiques de la maison passive.

 

Ah! Qu’il est doux de ne rien faire – Quand tout s’agite autour de nous!

 Livret de Galatée (opéra-comique de Victor Massé)

2 Responses to “Pourquoi dit-on passive ?”

  1. Cédric dit :

    Effectivement, le terme passif ne passe pas toujours très bien , mais le préciser davantage par des maison à optimisation d’apports passifs & co devient lourd et souvent réducteur …

    Je ne sais pas si en Belgique il y a cette expérience, mais nous avons eu en France dans les années 70 de nombreuses maisons « solaires passives » qui maximisaient les apports solaires sans étendre l’optimisation à l’isolation et à la ventilation … d’où de nombreuses surchauffes et également une image négative pour la maison passive.

    Et puis finalement, si le terme choque, ce n’est pas plus mal car ça nous permet de nous expliquer … et souvent de convaincre.

  2. Michel dit :

    En effet, si les termes éveillent l’attention, la discussion peut s’engager, et les explications sont -souvent- convaincantes.
    A condition d’y croire soi-même, bien sur, et de se sentir capable d’argumenter. J’y travaille.

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