Je prends mon pied

Expression bien de chez nous qui ne signifie absolument pas que je me suis cassé la figure, comme si je m’étais pris les pieds dans quelque chose, mais bien que je savoure les moments actuels comme du petit lait.

Après la livraison des matériaux, il  ne manquait plus que la mise en œuvre. C’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Et comment fait on, quand il n’y a pas de mur ?comment prendre son pied (du mur?) dans ces conditions? et où trouver le maçon ?

Mais non, le sens de l’expression, je le comprends maintenant tout a fait autrement: la qualité du bon maçon se distingue par la façon dont il soigne la base (le pied) de son mur. Si la base est bonne, le reste suivra. Si la base est foireuse, ça ne se rattrapera jamais. Et surtout pas avec le béton cellulaire.

Résumé des épisodes de cette quinzaine. Pendant que nos petits enfants s’amusent dans le bois et le ‘jardin’ de notre future maison, je commence tout doucement à placer la coupure thermique. Une bande de périnsul® (marque déposée), du verre cellulaire en  cm d’épaisseur va courir tout le long du mur sous le premier rang de béton cellulaire (Ytong® de Xella®), pour isoler la construction de la dalle qui est, elle, en contact avec le sol, et va donc se trouver constamment ramenée à la température qu’il y fait. Cette isolation périphérique (« per»iferal «insul »ation) sera en contact avec la couche isolante prévue sur la dalle  (30 cm de PUR projeté), et séparera le volume protégé des fuites thermiques vers le bas.

Autre fonction de cette bande de verre cellulaire : assurer l’horizontalité aussi parfaite que possible de la ceinture inférieure du mur (le fameux ‘pied du mur’), qui permettra d’élever la construction à la verticale.

En effet, le béton cellulaire est collé avec un joint de colle qui n’excède pas deux millimètres. Impossible donc de rattraper les défauts de planéité. Il faut impérativement que chaque couche soit absolument horizontale pour que la suivante le soit à son tour.Quand on ne pose pas la coupure thermique pour débuter, c’est le premier rang de blocs qui joue ce role qtabilisateur, et qu’on pose ablors au mortier hydrofuge. mais dans mon cas le premier rang de blocs sera directement collé sur le périnsul.

Pour obtenir cette planéité aussi juste que possible, de la patience, du soin, de l’attention, recommencer, revérifier, recommencer jusqu’à ce que le niveau dise que l’horizontale est atteinte. Et dans tous les sens : de droite à gauche et d’avant en arrière. Et je me rends compte que j’ai une nette tendance à charger trop vers moi et à droite (je suis droitier, je travaille donc de gauche à droite, naturellement, et je commence par mettre un peu plus de mortier que necessaire, pour pouvoir enlever l’excedent, plutyot que de devoir en rajouter.

 Biern évidemment, il faut en permanence repérer la position des dalles alignées sur les cordeaux que j’ai tendu antour de blocs dressés: il ont justement la bonne dimension, 30 cm, et ils maintiennent un écartement standard en ligne droite: parfaits comme repères.

montageperinsul

 

Finalement, je termine le tour (34 m) du pied du mur avec 6 angles droits, une épaisseur de mortier variant entre 1 et 4 cm, en rejoignant les deux dalles, la première et la dernière, avec un écart inférieur à 2 mm.

Fier de moi. Même si ça m’a coûté pratiquement quatre « jours » de travail (pas des journées de huit heures, loin s’en faut).

2 Responses to “Je prends mon pied”

  1. Antoine dit :

    Waow, bravo!

    Alors, peut-on dire que tu as « pose la premiere pierre »? Sans inauguration, et sans tout le saint tralala? En tout cas, on peut dire maintenant que tu as depasse le point de non retour dans cette aventure.

    Courage!

  2. Stanislas Grégoire dit :

    Bonjour,
    je suis étudiant en architecture d’intérieur,je suis fort intéressé par la construction écologique. Je souhaiterais plus tard réaliser ma propre maison ou earthship.

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