Concours « autoconstructeur autoconstructrice 2012 » (2)

3- « je présente ma maison «  (aide de pros pour certaines parties).

Je joue dans cette catégorie, parce que je suis un constructeur autonome, et que chaque fois que j’ai pu trouver une solution éconologique compatible, j’y ai eu recours.

Après l’histoire, les dessous de l’histoire

Il y a en premier lieu les motivations.

Et dans ce chapitre, deux question simples : pourquoi et quoi.

Le pourquoi s’explique assez bien au premier abord : pour celui qui a peu d’argent et beaucoup de temps, mettre la main à la pâte semble au premier abord un réflexe naturel. Dans une construction ordinaire – et peut être même dans toute construction – les matériaux comptent pour 40%, la mise en oeuvre (la main d’œuvre) encore 40 % et les 20 % restant constituent ce que j’appellerais « l’ingénierie ».

Fournir la main d’œuvre n’est pourtant pas aussi simple que ça pourrait le paraitre. Il ne suffit pas d’avoir du temps et de la bonne volonté, il y a des travaux spécialisés, qu’on n’apprend pas sur le tas, il y a des travaux dont l’ampleur dépasse les capacités d’une équipe d’une ou deux personne.

C’est une des clés de la réussite d’une construction autonome : déterminer quelles tâches je vais me réserver, et comment les accomplir, en acceptant que ce qui me dépasse, soit par la technicité, soit par les moyens à mettre en œuvre, doit être réalisé en faisant appel à l’extérieur. Si je me lance dans un travail qui va durer des années et dans lequel je vais laisser ma santé, je cours à l’échec. J’ai donc du apprendre au pied du mur, là où l’on voit le maçon, comment on fabrique une maison. Ou plutôt comment j’allais fabriquer ma maison.

Parce qu’ne construction n’est pas l’autre, et même si certaines règles de base, certains tours de main ne peuvent pas être remis en question, il y a de la marge pour l’ingéniosité, pour l’expérimentation, pour la réflexion au pourquoi et au comment des choses. C’est d’ailleurs une déduction que j’ai tiré de mon expérience. Si la construction passive a du mal a démarrer, et reste en général impayable, c’est avant tout parce qu’il s’agit de nouvelles méthodes, d’un enchainement de travaux et de phases qui rompt avec les habitudes, presque un nouveau métier.

Sans parler réellement chiffres, je ne vais pas étaler mes comptes ici en détail, je veux donner une appréciation : je n’ai pas économisé 60% sur le prix de ma maison. Mais quand je vois le résultat, par rapport au prix du marché d’une maison équivalente – et je ne dis pas une maison passive, juste une maison moderne – j’arrive à un profit de près d’un tiers, qui représente et ma peine et mon savoir. C’est-à-dire tout ce que j’ai appris, et dont je me suis servi pour arriver à mes fins.

Au pourquoi, j’ajouterai encore la dimension humaine : construire seul sa maison est un défi, une épreuve initiatique, un chemin d’évolution personnelle, de transformation intérieure. Même si ce n’est pas une motivation au départ, c’est un effet à la fin du chantier. Je suis d’ailleurs persuadé que les échecs en autoconstruction sont souvent plus celui de l’homme que celui de la maison.

A suivre …/…

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